Libation

By Lucie Delarue-Mardrus

Written 1908-01-01 - 1908-01-01

Les coquilles qui ont la courbure des vagues

Conservent les couleurs de l'aube et du couchant

dans leur intimité qui luit comme une bague,

Et la mer tout entière y a laissé son chant.

C'est pourquoi je prendrai dans mes mains l'une d'elles,

Et, remplissant ce soir cette coupe à la mer,

J'en ferai déborder le contenu amer

Sur le sable qui le boira, ‒ afin que celle

Qui habite le flot méditerranéen,

La sirène d'ici, connaisse mon dessein

D'honorer grandement sa splendeur inconnue

Et veuille m'accorder aussi la bienvenue…