Lueurs

By Éphraïm Mikhaël

Written 1890-01-01 - 1890-01-01

C’est un soir calme, un soir de fête.

En bas, dans le noir, vers Paris

A peine encore quelque faîte

D’église perce le soir gris.

Puis les ombres amoncelées

Submergent les derniers clochers,

Et je pense aux mers contemplées

Autrefois du haut des rochers.

Les clartés de Paris, tremblantes,

Fourmillent sous le ciel d’hiver,

Falots lointains de barques lentes,

Éparses, la nuit, sur la mer.

Ma pensée, avec les églises,

Meurt dans le soir silencieux ;

Mais des visions indécises

Resplendissent devant mes yeux

Tandis qu’en la brume du songe

Je regarde, au loin, sur les flots

De cet océan de mensonge,

Fuir les immobiles falots.