Madame Tallien

By Théodore Banville

Written 1874-01-01 - 1874-01-01

Cette Theresia, que le rustre et la gouge

Ont jadis adorée, une pique à la main

Et triomphant avec son proconsul romain

Sur un char, les cheveux couverts du bonnet rouge,

Dédaignant à présent les caresses du bouge,

Laisse voir ses pieds nus aux ongles de carmin ;

Sa robe, qui frémit sur son corps surhumain,

Est comme un tissu d'air tramé, que le vent bouge.

Ses beaux seins, comme avec des éblouissements

D'astres, sont pris dans un collier de diamants

Qui les brûle d'un clair scintillement d'étoiles ;

Et victorieux, fiers de leurs boutons vermeils

Ils luttent de blancheur avec ces légers voiles,

Et de splendeur avec ce carcan de soleils.