Mademoiselle de Scudéry

By Charles-Théophile Feret

Written 1912-01-01 - 1912-01-01

Eh là ! n’esmouvez plus, Sapho,

L’esventail, zéphyr des ruelles.

S’il vous cuit, la glace ne fault

Que mon vers jette à pleine escuelle.

Relevez votre beau séant

Du throsne de la Chambre bleue ;

Assez avez piaffé céans

Dedans vos mots à longue queue.

Vos poulets ne se mangent point,

— Régime bon aux fièvres quartes. —

Du village des Petits Soins

Vous avez dessiné la carte.

Ains en votre privé, ma sœur,

Vous ne vous estes point faict coulpe

De vous régaller pour le seur

D’une plus nourricière poulpe.

L’ambition dont s’enflamma

Vostre bouche, où branle un pieu jaune,

Charge la langue et l’estomac,

Et rote des phrases d’une aune.

L’in-quarto, frais noirci de vers,

Moins que votre peau suinte l’encre.

Estes-vous plus blanche à l’envers,

Où vertu de fille s’eschancre ?

Ores veulx, — poussé le verrou —

Vierge au fusain, mais qui sens l’huile,

Vous esclaircir — je sçais par où —

Le teint, l’oraison et le chyle.

Ces jupes à bas ! Ostez donc

La friponne après la modeste,

Ces liens que l’épingle (oh ! pardon)

La sangsue encor me conteste.

Salut Phœbé ! Dans ce bassin

Mire ta beauté qui se scinde !

L’eau d’Hippocrène est au ricin ;

Voici l’Hélicon et le Pinde.

Qu’entre deux monts il soit congreû

Que coule un ruisseau, je m’affie :

Le Bouillon des deux Sœurs ! Ce rû

Manque à votre géographie.

Si trouvez trop aigu l’outil

Dedans votre honneur, j’y subroge

La pointe de vos concetti…

Et je pousse à val. Loge ! Loge !

Est-ce là ce qu’un rêve pur

Vous promist du premier Sylvandre

Offrant quelque chose de dur

A l’étroite Reine du Tendre ?

Or, jà dans vos flancs caverneux

Cyrus gronde et la Calprenède…

Je fuis le Perse au trait ocreux

Et la balistique du Mède.