Mai
Written 1925-01-01 - 1925-01-01
Voici que lentement les premières lueurs
Du jour naissant viennent désaltérer mon âme…
Grand ciel divin, parfums d'hysope et de dictame,
Cloches d'argent, angélus des jeunes bonheurs !
Dans cette clarté d'aube, aux si fraîches douceurs,
Je sens monter en moi, comme un épithalame,
Ton souvenir d'hier… Mon pauvre cœur de femme
Ne sait plus à qui faire offrande de ses pleurs…
Est-ce à Dieu, est-ce à toi, que je veux en prière
Brûler l'encens de gratitude ? moi qu'altère
Le besoin toujours plus pressant, plus éperdu
De ce bonheur que donne une foi absolue…
Au soleil du matin l'oraison te salue
Amour !… Sois meilleur pour moi que Dieu ne le fut !