Mai

By Henriette Hervé

Written 1925-01-01 - 1925-01-01

Voici que lentement les premières lueurs

Du jour naissant viennent désaltérer mon âme…

Grand ciel divin, parfums d'hysope et de dictame,

Cloches d'argent, angélus des jeunes bonheurs !

Dans cette clarté d'aube, aux si fraîches douceurs,

Je sens monter en moi, comme un épithalame,

Ton souvenir d'hier… Mon pauvre cœur de femme

Ne sait plus à qui faire offrande de ses pleurs…

Est-ce à Dieu, est-ce à toi, que je veux en prière

Brûler l'encens de gratitude ? moi qu'altère

Le besoin toujours plus pressant, plus éperdu

De ce bonheur que donne une foi absolue…

Au soleil du matin l'oraison te salue

Amour !… Sois meilleur pour moi que Dieu ne le fut !