Marbre
Written 1897-01-01 - 1897-01-01
Les bois religieux se taisent ; les oiseaux
Ont quitté la forêt où meurt le bruit des eaux.
Seule en sa nudité de vierge et de guerrière
La déesse de marbre habite la clairière
Et son corps impollu fait de rêve et d'amour
Monte, lys immortel, parmi les fleurs d'un jour.
Ni flûtes de bergers ni chansons de cigales :
Sauf le frissonnement des herbes amicales
Dont le flot souple ondule autour d'elle, nul bruit.
Parfois dans les fourrés un chevreuil brusque fuit
Farouche d'avoir vu briller la chair sans voiles
Et l'arc impérieux tendu vers les étoiles.