Marguerite Des Bois

By Gabriel Vicaire

Written 1892-01-01 - 1892-01-01

Marguerite des bois,

Vous souvient-il encore,

Marguerite des bois,

Du soleil d’autrefois ?

Et du matin chantant

Et de la fraîche aurore,

Et du matin chantant

Où je vous aimais tant.

On m’a parlé de vous

Chez Marthe, la voisine,

On m’a parlé de vous.

Mon fin petit cœur doux.

Je sais que vous pleurez,

Le soir, à la cuisine,

Je sais que vous pleurez

Sur vos souliers dorés.

Vous aviez rarement

Gentillesse à me dire,

Vous aviez rarement

Pitié de votre amant.

Vous m’avez désolé

Avec votre sourire,

Vous m’avez désolé

Et je m’en suis allé.

Vous chasse qui voudra,

Ô folles alouettes,

Vous chasse qui voudra,

Il s’en repentira.

Moi, je vais en forêt

Cueillir les violettes,

Moi, je vais en forêt

Attraper le furet.

Mes nippes à mon cou,

Je fais mon tour de France,

Mes nippes à mon cou.

Je m’en vais, Dieu sait où.

Tous les chemins sont verts,

Et vive l’espérance !

Tous les chemins sont verts,

Dans le vaste univers.

J’ai couché quatre nuits

En plein château des belles,

J’ai couché quatre nuits,

Sans perdre mes ennuis.

Et je reviens encor

Avec les hirondelles,

Et je reviens encor

Où sont les boutons d’or.

Rien n’est aussi charmant

Que nos filles de Bresse,

Rien n’est aussi charmant

Que leur habillement.

Au petit jour, leurs yeux

Sont remplis de tendresse,

Au petit jour, leurs yeux

Ont la couleur des cieux.

Marguerite des prés,

Quand le soleil vous dore,

Marguerite des prés,

Jamais vous ne pleurez.

Marguerite des bois,

Vous souvient-il encore,

Marguerite des bois,

Du soleil d’autrefois ?