Massage

By Georges Camuset

Written 1884-01-01 - 1884-01-01

DANS les nuits sans sommeil l’amour vous a blêmie

Et vos chairs ont perdu leur tonus, ô ma sœur !

Maintenant il vous faut confier au masseur

Les trésors alanguis de votre anatomie.

Ointes d’une huile ambrée, effort de la chimie.

Ses mains, en qui la force épouse la douceur.

Pressent le grand-dorsal, malaxent l’extenseur.

Pour des combats nouveaux vous voilà raffermie.

Jadis votre docteur, plein de calme aujourd’hui.

Massait fougueusement sur des lits de pervenches .

Il opère à présent pour le compte d’autrui.

Tel, plongeant ses bras nus au sein des pâtes blanches.

Le gindre enfariné, dévêtu jusqu’aux hanches.

Pétrit des petits pains — qui ne sont pas pour lui.