Memento quia pulvis es

By Maurice Rollinat

Written 1883-01-01 - 1883-01-01

Crachant au monde qu'il effleure

Sa bourdonnante vanité,

L'homme est un moucheron d'une heure

Qui veut pomper l'éternité.

C'est un corps jouisseur qui souffre,

Un esprit ailé qui se tord :

C'est le brin d'herbe au bord du gouffre,

Avant la Mort.

Puis, la main froide et violette,

Il pince et ramène ses draps,

Sans pouvoir d'ire qu'il halète,

Étreint par d'invisibles bras.

Et dans son cœur qui s'enténèbre,

Il entend siffler le remord

Comme une vipère funèbre,

Pendant la Mort.

Enfin, l'homme se décompose,

S'émiette et se consume tout ;

Le vent déterre cette chose

Et l'éparpille on ne sait où.

Et le dérisoire fantôme,

L'oubli vient, s'accroupit et dort

Sur cette mémoire d'atome,

Après la Mort !