Mes deux livres

By Henri Vendel

Written 1945-01-01 - 1945-01-01

Le hasard — qui n'est pas si bête ! —

voulut que j'eusse, en mon exil,

deux livres seuls, mais quelle fête !

tout Paul Verlaine et l'Évangile.

Crierez-vous à l'irrévérence ?

leur voisinage me ravit

et s'accorde mieux qu'on ne pense.

La vérité, chacun la dit,

selon la chair, selon l'esprit.

Paul (malgré tant de bons apôtres

qui damneraient toute liesse,

je préfère ce Paul à l'autre),

Paul aima trop vigne et caresses.

Du moins, ne fut-il hypocrite

et Jésus pardonna très vite,

à ce vieil enfant, ses faiblesses.

J'écoute donc les Paraboles,

puis les poèmes de Sagesse

et les Romances sans paroles.

Voix de prophète ou de poète,

c'est toujours la Vérité nue

et, pour mon âme, quelle fête

d'errer en la double avenue !