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By Ferdinand Dugué

Written 1871-01-01 - 1871-01-01

Soyez maudits, peuples infâmes

Dont l'heure doit aussi venir !

Dans vos enfants et dans vos femmes

Soyez maudits ! le souvenir

De ces deuils et de ces ruines,

Vivace au fond de nos poitrines,

Prépare les races latines

Aux revanches de l'avenir !…

Croyez-vous donc, hordes sauvages,

Qu'on peut en pleine impunité

Promener de pareils ravages

Sur un pays ensanglanté,

Puis qu'on rentre dans ses tanières,

Qu'on redevient des peuples frères,

Et qu'une paix donne à ces guerres

L'oubli comme l'impunité ?…

Oublier ? pardonner ? la France

Avec rage a répondu : non !

Et s'il faut qu'à bout d'espérance,

Au pied de son dernier canon,

De force et de sang épuisée,

Elle tombe à la fin brisée

Et voie un moment éclipsée

L'antique splendeur de son nom !

S'il faut que sa perte s'achève,

Que tout succombe fors l'honneur,

Ne compte que sur une trêve…

N'attends pas, arrogant vainqueur,

Une paix qui réconcilie,

Car grande serait ta folie

Si tu pouvais croire affaiblie

La haine qu'elle a dans le cœur !…

Ce jour-là, la France ma mère,

Indomptable dans son orgueil,

Arborerait à la frontière

Un drapeau noir, signe de deuil,

Disant : Son contact est funeste !

Qu'en son antre ce peuple reste !

Et de même qu'en temps de peste

Mort à qui franchirait mon seuil !…

Plus rien de commun, Allemagne,

Entre mes enfants et les tiens !

Par ton grotesque Charlemagne

Laisse-toi charger de liens

Et cultive pour lui la vigne…

Mais malgré la paix que je signe

Passe au large, tu n'es plus digne

De coudoyer nos citoyens !…

Au large ! et que mon anathème

Pèse sur toi, fille d'enfer !

Jusqu'au jour où j'irai moi-même

Avec la flamme, avec le fer,

Déchirer aussi tes entrailles,

Et par de justes représailles

Te rendre, insolente qui railles,

Tout ce que par toi j'ai souffert !…