Octobre
Written 1925-01-01 - 1925-01-01
Ils sont couchés sur l'herbe en cercle, et nul ne sait
Où demain leurs pieds nus passeront dans la plaine,
A ces jours qui suivront, depuis l'aube prochaine,
L'inéluctable éveil du beau mois violet.
Car Octobre, étendu dans l'ombre, dort, muet…
Ses yeux, dissimulés par des brins de verveine,
Demeurent clos obstinément ; une phalène,
Sur sa bouche posée, en défend le secret.
O beau mois inconnu ! N'éveille pas encore
Les deux cloches de ton nom, massif et sonore,
Car je retrouverai leurs échos de ce soir
Quand elles rediront ma jeunesse en allée…
Vont-elles bourdonner le deuil de tout espoir,
Ou sonner la joie, enfin, à toute volée ?