Ode a quinctius
Written 1891-01-01 - 1891-01-01
Sans souci du Grec ni du Scythe,
Vis tranquille sous le ciel bleu,
Et goûte, en la paix d'un bon gîte,
Le bonheur, qui coûte si peu !
Bientôt, la légère jeunesse
Bat de l'aile : adieu la beauté !
'L'âge impitoyable nous presse ;
Feu d'amour, hélas, feu d'été !
Vois : les fleurs ne sont qu'un jour fraîches
Et la lune pâlit… Crois-moi,
Tes soucis, ami, sont revêches
Et ton cœur est faible… Pourquoi
Ne pas ceindre ton front de roses,
De roses au parfum divin ?
Viens boire à la splendeur des choses
Sous l'ombrage de ce grand pin.
Voici les amphores plongées
Dans l'eau vive qui chante et fuit :
Çà, buvons à larges gorgées,
Royalement, jusqu'à la nuit !
Toi, dis à Lydé qu'elle vienne
Au plus vite, et que je la veux
Coiffée à la mode Argienne,
Un ruban tordant ses cheveux !