Ode a quinctius

By Gabriel Trarieux

Written 1891-01-01 - 1891-01-01

Sans souci du Grec ni du Scythe,

Vis tranquille sous le ciel bleu,

Et goûte, en la paix d'un bon gîte,

Le bonheur, qui coûte si peu !

Bientôt, la légère jeunesse

Bat de l'aile : adieu la beauté !

'L'âge impitoyable nous presse ;

Feu d'amour, hélas, feu d'été !

Vois : les fleurs ne sont qu'un jour fraîches

Et la lune pâlit… Crois-moi,

Tes soucis, ami, sont revêches

Et ton cœur est faible… Pourquoi

Ne pas ceindre ton front de roses,

De roses au parfum divin ?

Viens boire à la splendeur des choses

Sous l'ombrage de ce grand pin.

Voici les amphores plongées

Dans l'eau vive qui chante et fuit :

Çà, buvons à larges gorgées,

Royalement, jusqu'à la nuit !

Toi, dis à Lydé qu'elle vienne

Au plus vite, et que je la veux

Coiffée à la mode Argienne,

Un ruban tordant ses cheveux !