Offrandes a divers
Written 1881-01-01 - 1898-01-01
Le Faune rêverait hymen et chaste anneau
Sans les nymphes du bois s'il s'avisait d'entendre
Au salon recueilli quand le grand piano
Tout comme votre esprit passe du grave au tendre.
Laid Faune ! comme passe aux bocages un train
Qui siffle ce que bas le chalumeau soupire
Vas-tu par trop de flamme empêcher ce quatrain
Maladroit à la taire
ou, s'il la disait, pire.
Ce Faune, s'il vous eût assise
Dans un bosquet, n'en serait pas
A gonfler sa flûte indécise
Du trouble épars de ses vieux pas.
Faune, qui dans une éclaircie
Vas te glisser tout en dormant
Avec quatre vers remercie
Dujardin ton frère normand.
Faune, si tu prends un costume
Simple comme les liserons
Dujardin et moi non posthume
Nous te populariserons.
Victor il me plaît quand j'ouïs
Tes vers qu'avec éclat renaisse
Sous des bosquets évanouis
Le chalumeau de ma jeunesse.
Fallait-il que tu t'assoupisses,
Faune qu'aujourd'hui l'on connaît,
Pour attendre ces temps propices
Avant d'aller chez Baronet ?
Dupray dont l'esprit aux combats
Comme l'or d'un clairon se dresse
Riez que le Faune très bas
Enfle sa flûte à votre adresse.
Satyre aux baisers inexperts
Qui pourchasses outre la brune
La fauve Nymphe, tu les perds
Il n'est d'extase qu'avec une.
Sa flûte un peu de côté
Il en joue et se recule
L'espoir de connaître ôté
A qui va cet opuscule.
Si peu d'écume sur un golfe
C'est cela ce rire venu
Hors de quelque flûte, ô Rodolphe
Darzens, dans mon silence nu.
Pan
tronc qui s'achève en homme
Moins gravement embrassait
Les pipeaux
que je ne nomme
La comtesse de Grasset.
Hirsch, poëte, si vous n'aviez
Pour y délivrer la minute
Idéale tous les claviers
Le faune écouterait sa flûte.
Faune
avec ton chant s'il brusqua
Le cours de l'heure qui s'éloigne
Retiens près du Bois de Boulogne
La princesse Poniatowska.
Sylvain d'haleine première
Si ta flûte a réussi
Ouïs toute la lumière
Qu'y soufflera Debussy.