Oiseaux de tempête

By Jean Richepin

Written 1894-01-01 - 1894-01-01

Quand la mer est douce aux régates,

On n’y voit que des goëlands,

Qui planent, paresseux et lents,

Chatoyants comme des agates.

Les poissons morts et les morgates

Vont à ces pêcheurs indolents.

Mais il faut l’orage aux élans

Des albatros et des frégates.

Car pour ces fous la volupté

C’est de fouetter le vent dompté

Et la vague qui se démène.

Ainsi les grands cœurs arrogants

Ne sortent de la foule humaine

Qu’aux heures troubles d’ouragans.