Ombres sur la mer
Written 1901-01-01 - 1901-01-01
Les nuages sereins stagnant au-dessus d'elle
L'ont couverte, la mer, tout le long de ses eaux :
Là, d'une ombre de citadelle,
Plus loin, de mille toits, tours, temples et châteaux ;
Et la mer, qu'elle soit basse, haute ou étale,
Berce une ville capitale
En ombre et que jamais les yeux ne pourront voir.
Et les grands peupliers ont une ombre si grande
Dans l'herbe où va ton nonchaloir,
Qu'elle suit tout le pré de son étroite bande,
descend la falaise et s'allonge dans la mer
Où tremble ainsi, eux si lointains, leur faîte vert.
Et ton ombre est couchée aussi parmi les vagues,
Sirène noire et qui tend à tes bras tendus,
Comme une allusion aux baisers défendus,
L'impossible plaisir de ses étreintes vagues…