Oxford

By Paul Verlaine

Written 1895-01-01 - 1895-01-01

Oxford est une ville qui me consola,

Moi rêvant toujours de ce Moyen Âge-là.

En fait de Moyen Âge, on n'est pas difficile

Dans ce pays d'architecture un peu fossile

À dessein, c'est la mode et qui s'en moque fault,

Mais Oxford c'est sincère, et tout l'art y prévaut ;

Mais Oxford a la foi, du moins en a la mine

Beaucoup, et sa science en joyau se termine,

En joyau précieux, délicieux : les cieux

Ici couronnent d'un prestige précieux

L'étude et le silence exigés comme on aime,

Et la sagesse récompense le problème,

La sagesse qu'il faut, cette douce raison

Que la Cathédrale termine en oraison,

Sous les arceaux romans qui virent tant de choses

Et les rinceaux gothiques, fins d'apothéoses

De Saints mieux vénérés peut-être qu'on ne croit,

Et mon cœur s'humilie et mon désir s'accroît

De devenir et de redevenir, loin d'elle

Cette cité glorieuse d'être infidèle,

Paris ! l'enfant ingrat qui s'imaginerait

Briser les sceaux sacrés et tenir le secret —

De devenir ou de redevenir la chose

Agréable au Seigneur, quelle qu'en soit la cause,

Et par cela même être encore doux et fort,

Ô toi, cité charmante et mémorable, Oxford !