Parisiennes de salon
By Albert Mérat
Written 1900-01-01 - 1900-01-01
Parisiennes de salon,
Reines qui gouvernez la mode,
J'ai parlé de vous tout au long,
Parisiennes de salon,
Ailleurs, il est vrai, mais selon
Le plus dithyrambique mode.
Parisiennes de salon,
Reines qui gouvernez la mode.
J'ai dit aux messes de midi
Les mondaines agenouillées
Qui font maigre le vendredi.
J'ai dit la messe de midi,
Et, peintre dévot et hardi,
Je les ai presque détaillées.
J'ai dit aux messes de midi
Les mondaines agenouillées.
J'ai fait atteler leur coupé
Pour le Bois ou pour la Sorbonne.
Dans ce High Life j'ai coupé ;
J'ai fait atteler leur coupé.
Peut-être me suis-je trompé,
Mais l'intention était bonne.
J'ai fait atteler leur coupé
Pour le Bois ou pour la Sorbonne.
Pour vous entendre et pour vous voir
J'ai bu l'eau tiède des soirées.
J'ai connu ce sombre devoir
Pour vous entendre et pour vous voir.
Vous savez si bien recevoir,
Chatoyantes et diaprées.
Pour vous entendre et pour vous voir
J'ai bu l'eau tiède des soirées.
Sans même oser me demander
A quoi rêvent les jeunes filles
J'aurais bien voulu m'amender,
Sans oser me le demander.
Le bonheur aime à résider
Au sein des honnêtes quadrilles.
Sans même oser me demander
A quoi rêvent les jeunes filles.
Dans ce livre-ci j'aurais craint
Non pas mauvaise compagnie,
Mais voisinage assez restreint.
Dans ce livre-ci j'aurais craint
De votre part un air contraint :
J'en aurais eu peine infinie.
Dans ce livre-ci j'aurais craint
Un peu légère compagnie.
Aussi n'ai-je fait qu'indiquer
Votre esprit, votre art de sourire
Au mot juste qu'on peut risquer.
Je n'ai fait que vous indiquer,
Bien trop fines pour vos choquer
Si j'ai partagé votre empire.
Aussi n'ai-je fait qu'indiquer
Votre esprit, votre art de sourire.