Parjure

By Louis Ménard

Written 1876-01-01 - 1876-01-01

« C'est la dernière lois que je donne un conseil,

Mon fils, et je le fais sans amère pensée ;

Je ne te dirai pas : ton œuvre est insensée ;

Tu prends un feu follet pour l'éclatant soleil.

La jeunesse te dore un horizon vermeil,

En rêves séduisants follement dépensée ;

Songes-tu pour ta prose assez bien cadencée

A la gloire, aux amours ? Pauvre enfant, quel réveil !

Loin ces futilités ! Nourris-toi des anciens !

Loin ces plaisirs d'un jour ! Songe aux stoïciens !

Au travail, énergique et sévère… » « Je jure,

Mon père, d'obéir. Je vois que j'agis mal »

Muse, deux jours après, tu m'as rendu parjure…

Non, poète, ton œuvre a pour but l'idéal !