Paroles sur la terrasse
Written 1897-01-01 - 1897-01-01
Des reines blanches inclinées
Aux balustrades d'améthystes
Pour fleurir la mort des journées
Effeuillent des glycines tristes.
Fleurs plus brèves que les plus brèves,
Vains thyrses que le vent spolie,
Les noirs flots sans rives ni grèves
Emportent leur cendre pâlie ;
Et c'est le deuil d'un double automne,
Soir du jour et soir des feuillées,
Qui dévaste l'ombre et frissonne
Dans les ramilles dépouillées.
Des pas glissent sur la terrasse ;
Une étoffe roide s'y froisse ;
Les voix que la nuit blême efface
Tremblent d'adieux, meurent d'angoisse,
Et cygnes chassés de tout fleuve,
S'en vont fébriles et blessées,
Sans que la ténèbre s'émeuve
Aux cris des âmes délaissées.