Paysage d’après el greco

By Renée Vivien

Written 1904-01-01 - 1904-01-01

Parmi le boréal silence, le zénith

Irradie âprement aux jardins d’aconit.

Énigmes et remords, les yeux des Nyctalopes

Reflètent la perplexité des horoscopes,

Et les Musiciens, frères des Séraphim,

Écoutent murmurer la harpe d’Éloïm.

De glauques nénuphars charment le regard fixe

D’une perverse Ondine éprise d’une Nixe.

Et l’écho jette au vent le rire des sabbats,

L’effroi des lits pareils à des champs de combats.

Les tentes d’écarlate où dorment les bourrasques

Crèvent sur le repos seigneurial des vasques.

Trouant l’opacité démente, le zénith

Irradie âprement aux jardins d’aconit.