Petty larcenies

By Paul Verlaine

Written 1896-01-01 - 1896-01-01

CANAILLE subalterne,

Sergots, cochers, logeurs,

Plate race à l’œil terne,

Chiens couchants et mauvais coucheurs,

Je vous aime et j’estime

Votre petit trafic,

Qui, n’osant pas le crime,

Ment et vole, depuis le flic

Jusqu’au collignon rouge

De veste et de gilet,

Jusqu’au teneur de bouge

Et de sommeil qu’un rien troublait.

T’en souvient-il. Moi-même,

De tous leurs humbles trucs,

Quand la richesse extrême

N’avait pas pompé tous tes sucs !…

Le flic aimait la pièce,

Aussi le collignon.

L’hostelier, gente espèce,

A son tour ne disait pas non…

Puis, pour être à la coule

De ce-siècle crevant,

Chacun de cette foule

Donnait gentiment de l’avant.

Et, les yeux en extase

Vers la Haute, ces bons

Garçons — le fond du vase —

A leur tour devenaient fripons,

Et de fripons fripouilles,

Si que, selon les gens,

« C’est la fin des grenouilles… »

Grands dieux, soyez-nous indulgents !