Philis la Belle

By Auguste Lacaussade

Written 1876-01-01 - 1876-01-01

Des grands blés verts quand l'alouette

Montait vibrante dans l'azur,

Sur l'herbe où croit la violette,

Du printemps je buvais l'air pur.

Par-dessus les hautes montagnes

Regardait l'œil d'or du soleil ;

Au loin souriaient les campagnes :

« Tels ton sourire et ton réveil,

Disais-je, ô ma rebelle,

Philis la belle ! »

Du fleuve égayant les rivages,

Les nids chantaient sous les buissons ;

Assis dans les trèfles sauvages,

Muet, j'écoutais leurs chansons.

Suave et des zéphyrs bercée,

La rose ouvrait sa vierge fleur ;

Son front penchait sous la rosée :

« Telles ta grâce et ta fraîcheur,

Disais-je, ô ma rebelle,

Philis la belle ! »

Les ramiers sous l'allée ombreuse

Se disaient leur félicité ;

Ivres d'aimer, leur voix heureuse

Semblait gémir de volupté.

« Sous ce beau ciel baigné de flamme,

Par ce doux mois cher à l'Amour,

Puisse ainsi s'amollir ton âme

Et ta voix gémir à son tour,

Disais-je, ô ma rebelle,

Philis la belle ! »