Planètes

By Victor Hugo

Written 1902-01-01 - 1902-01-01

Dans nos noirs firmaments, cieux des mondes maudits,

Sombre loi, les enfers pèsent aux paradis.

Chacun de ces foyers que l'ombre a dans ses voiles,

Qui de près sont soleils et de loin sont étoiles,

A des fourmillements de globes ténébreux,

Terres, lunes, anneaux, mondes noirs et nombreux,

Mêlés aux longs fils d'or de sa vaste lumière.

Morne expiation d'une faute première !

Tous ces grands chevelus des feux et des rayons,

Les soleils à la face énorme, ces lions

De l'abîme, accroupis au seuil des bleus pilastres,

Dans leur crinière immense ont des vermines d'astres.