Pour beaucoup

By Lucie Delarue-Mardrus

Written 1908-01-01 - 1908-01-01

L’ennemi guette au fond de ses lâches repaires

Et cherche à se cacher tout en mordant de près.

Age de pierre pour toujours. — Aucun progrès

N’adoucira jamais le venin des vipères.

Si loyale, si droite et pure, malgré tout,

O mon âme, ô ma sœur unique, tu t’exhales.

Faut-il que ces humains, amas immonde et fou.

Entourent ta beauté d’un relent d’âmes sales ?

Allons-nous en, allons-nous en bien loin d’ici.

Ma respiration souffre de ces haleines.

Allons blanchir, parmi les solitudes saines.

Le rêve intérieur que leur souffle a noirci.