Pour la même qui me fit dire qu’elle avoit la fièvre,

By Isaac Benserade

Written 1697-01-01 - 1697-01-01

SANS vous tâter le poulx, et sans voir au bassin,

Ingrate, je sçay trop ce qui vous rend malade ;

Le quinquina pour vous, est un remède fade ;

Je connois vôtre fièvre, et vôtre médecin.

Vous luy pardonnerez, fût-il vôtre assassin ;

Mais vous ne voulez pas qu’on se le persuade,

Et quand il vous dérobe un soupir, une œillade,

Vous êtes la première à cacher son larcin.

C’est luy qui cause en vous une langueur secrète,

Vainement avec moy vous faites la discrète ;

Mais sur cette langueur, que ne suis-je en repos ?

Que m’importe, que tel ou tel y remédie,

Pourquoy m’embarrasser icy mal à propos

Et de la médecine, et de la maladie ?