Pour les morts en captivité

By Henri Vendel

Written 1945-01-01 - 1945-01-01

Les tilleuls de tes mails dans la brume s'effeuillent

et ton âme est pareille à la vieille aux tisons.

Ne pleure plus, ô France, une folle saison

mais, l'oreille aux tombeaux, médite et te recueille.

Qu'importe au cœur altier, qu'importe l'indigence ?

Ton deuil même t'élève et le fardeau sacré

des fils tôt revenus au sol dont ils sont nés.

Tu les portes en toi comme avant leur enfance,

mais les os que retient une terre étrangère…

Cueille l'ultime rose à ton jardin d'automne,

mère des morts, et soulevant ton voile, donne

ton plus tendre baiser à ceux-là de nos frères

qui s'abreuvent d'exil jusqu'en leurs cimetières.