Pour mademoiselle de poussat
Written 1656-01-01 - 1696-01-01
J'avois brisé les fers d'Aminte et de Sylvie ;
J'étois libre et vivois content et sans amour :
L'innocente beauté des jardins et du jour
Alloit faire à jamais le charme de ma vie,
Quand du milieu d'un cloître Amarante est sortie.
Que de grâces, bons dieux ! tout rit dans Luxembourg :
La jeune Olympe voit maintenant à sa cour
Celle que tout Paphos en ces lieux a suivie.
Sur ce nouvel objet chacun porte les yeux ;
Mais, en considérant cet ouvrage des cieux,
Je ne sais quelle crainte en mon cœur se réveille.
Quoi qu'Amour toutefois veuille ordonner de moi,
Il est beau de mourir des coups d'une merveille
Dont un regard feroit la fortune d'un roi.