Pour s…

By Paul Verlaine

Written 1890-01-01 - 1890-01-01

OR j’adore une chaste Suzanne

Dont je serais l’un et l’autre vieillard

Et pour qui donc je brairais comme un âne,

Si n’était par trop chaste ma Suzanne,

Elle rieuse, non pas ! grasse à lard ?

Mais non plus à l’excès diaphane

Et je serais heureux sans coq-à-l’âne,

Si ne m’était trop chaste ma Suzanne

Et je te le dirai tout doucement

Qu’il faut bien vite oublier ton amant

Fût-ce moi-même, ô chose invraisemblable !

Et je serais alors le plus heureux

Non pas des trois mais que plutôt des deux

Et ce ne serait pas déjà le diable !