Première automnale

By Lucie Delarue-Mardrus

Written 1901-01-01 - 1901-01-01

Le soir tiède gémit aux gorges des chats-huants,

Du fond des bois fanés où chaque arbre détaille,

Sur un coin de couchant resté, toute sa taille.

Un gouffre simulé s'ouvre au fond des étangs

Où le ciel à rebours mire ses altitudes.

Les chutes de l'automne hantent les solitudes.

Or sur roux, roux sur jaune, il pleur légèrement.

Les marronniers y ont joint leurs feuilles plus larges,

Comme des éventails intacts, le long des marges…

Mais parmi l'ombre, ainsi qu'une bouche d'amant,

S'offre au baiser qui passe une dernière rose,

Pour ta caresse humide et doucement déclose.