Première ride

By Louis Bouilhet

Written 1869-01-01 - 1869-01-01

Aglaé n'est pas heureuse :

Elle a trouvé, ce matin,

Une ride qui se creuse

Dans les neiges de son teint.

Les jeux ailés, les dieux-mouches,

Tous les petits nains du ciel

Vont menant des deuils farouches

Pour ce cas essentiel.

Voici les plaisirs moroses

Confits en dévotion ;

Des yeux bleus aux lèvres roses

Descend leur procession.

Et de ses cheveux couverte,

Vénus, en pleurant bien haut,

Étend dans la fosse ouverte

L'amour mort, ou peu s'en faut.

Sur sa couche de parade,

En pompe on l'ensevelit !…

‒ pauvre amour, vieux camarade,

Fais-moi place dans ton lit !…