Pressentiments
By Gaston Heux
Written 1924-01-01 - 1924-01-01
Penchez-vous, à présent, sur cette onde irisée !
Dès qu'un saule craintif égoutte la rosée
Dont les moiteurs du soir constellent les buissons,
Pour peu que sous ces pleurs un orbe se décrive,
Hélas ! de rive en rive
Quels douloureux frissons !
Tandis qu'un choc léger et qui l'ébranle à peine
Émeut d'un long émoi la profondeur sereine,
Sous les flots dort un ciel qui se recueille en eux,
Et voici qu'il reluit dans ces eaux étoilées,
Nappes jamais troublées,
Cent cailloux lumineux.
Ah ! si pourtant l'amour, comme une étoile offerte,
Tombe d'un firmament dans ma vie entrouverte,
Qu'il dédouble l'azur, ce bel astre d'en bas,
Et que ce caillou d'or, lointain reflet d'un monde,
Scintille dans cette onde,
Mais ne la trouble pas !