Quand même

By Paul Verlaine

Written 1895-01-01 - 1895-01-01

Ah, dis, mon cœur, plutôt que cette vie

D'émotion sans doute noble encor

Qui mène au sein d'un rouge et noir décor

Ton manque de toute philosophie,

Ton manque aussi, que personne n'envie,

De ce qu'on va nommant un heureux sort

Quelconque, et ce, pour jusqu'à telle mort

Qui sera dure, bien que la défie

Et ton courage, et ton dégoût aussi,

Ah, dis, mon cœur, plutôt qu'un tel souci

Tumultueux parmi ces crépuscules,

Vaut-il pas mieux conquérir cette paix

Qu' on eût voulue au bon temps des souhaits ?

— Il est trop tard, nous serions ridicules.