Quand vient la nuit
Written 1925-01-01 - 1925-01-01
Quand vient la nuit je m'en vais lentement
Sur le chemin de mon calvaire,
Et c'est les soirs glacés que je préfère
Aux crépuscules du printemps,
Car dans l'obscurité je vois renaître
Le cher soleil de ta fenêtre,
Et mon cœur transi, malade et si lourd,
En passant auprès du vitrage,
Reconnaît parfois l'ombre de l'amour…
L'ai-je fait ce pèlerinage !
La montée entre deux rangs de maisons,
Un jardin aux sombres pelouses,
Ta rue, avec un arbre à l'horizon
Qui tend une branche jalouse
Pour écarter les passants importuns…
Ah ! je connais chaque boutique,
Les becs de gaz, les pavés, un à un…
Le décor n'a rien de lyrique,
Mais si tu savais comme il me fait mal…
Et pourtant, à ce coin fatal,
Tous les soirs, depuis très longtemps, je rôde !
A tes carreaux j'irai demain
Pour y quêter, pauvre bête en maraude,
Le clair reflet de tes deux mains..