Quatrième décembrale

By Lucie Delarue-Mardrus

Written 1902-01-01 - 1902-01-01

Puisqu'il vient à passer, sur l'horreur décembrale

Du dehors, ce frisson de tiédeur anormale,

Je hanterai tes troncs épais comme des tours,

Jardin crochu, jardin trempé des mauvais jours,

Où chaque rameau noir allonge un tentacule

Pour retenir encor le fuyant crépuscule !

Tout ce coucher, captif des arbres frémissants

Je le posséderai jusqu'au fond de mes sens,

Et que t'importe, alors, ô ma soif éperdue

De vivre, si, dans l'air qui passe, répandue,

L'odeur morne d'un coin fraîchement labouré

Monte à moi tout à coup comme un « dies iræ » ?