Reddition

By Paul Verlaine

Written 1890-01-01 - 1890-01-01

Je suis foutu. Tu m'as vaincu.

Je n'aime plus que ton gros cu

Tant baisé, léché, reniflé

Et que ton cher con tant branlé,

Piné — car je ne suis pas l'homme

Pour Gomorrhe ni pour Sodome,

Mais pour Paphos et pour Lesbos,

(Et tant gamahuché, ton con)

Converti par tes seins si beaux,

Tes seins lourds que mes mains soupèsent

Afin que mes lèvres les baisent

Et, comme l'on hume un flacon,

Sucent leurs bouts raides, puis mou,

Ainsi qu'il nous arrive à nous

Avec nos gaules variables

C'est un plaisir de tous les diables

Que tirer un coup en gamin,

En épicier ou en levrette

Ou à la Marie-Antoinette

Et cætera jusqu'à demain

Avec toi, despote adorée,

Dont la volonté m'est sacrée,

Plaisir infernal qui me tue

Et dans lequel je m'évertue

À satisfaire ta luxure.

Le foutre s'épand de mon vit

Comme le sang d'une blessure…

N'importe ! Tant que mon cœur vit

Et que palpite encor mon être

Je veux remplir en tout ta loi,

N'ayant, dure maîtresse, en toi

Plus de maîtresse, mais un maître.