Reine-Blanche

By Théodore Banville

Written 1884-01-01 - 1884-01-01

La Reine-Blanche est morte.

Un vent de glace emporte

Et disperse à l'entour

Son vieil amour.

O paradis terrestre !

Épouvantable orchestre

Qui même effarouchas

Les pauvres chats !

Phrase cruelle et nette,

Que dit la clarinette,

Ou que nous dépistons

Dans les pistons !

Saladiers sans emphase,

Où l'on buvait l'extase

Avec le flot sacré

Du vin sucré !

Alphonses, divins mâles !

Robes de femmes pâles

Collant comme un linceul !

Cavalier seul !

Sous le gaz noir qui flambe,

Irma levant la jambe

En l'air, et montrant son

Nez polisson !

Femmes parfois gelées

Qui dansiez, flagellées

Par le fouet triste et fou

D'un dieu voyou !

Chœur plein de mille rages

Qui, parmi des orages

Assez souvent décrits,

Poussais des cris !

Ton orgie indocile

Étant sans domicile,

Suis la brise et l'autan.

Adieu, va-t'en.

Laisse ton pauvre vice

Déjà hors de service

Et pratique, si tu

Peux, la vertu !