Renoncement

By Louise-Victorine Ackermann

Written 1862-01-01 - 1862-01-01

Depuis que sous les cieux un doux rayon colore

Ma jeunesse en sa fleur, ouverte aux feux du jour,

Si mon cœur a rêvé, si mon cœur rêve encore

Le choix irrévocable et l’éternel amour,

C’est qu’aux jours périlleux, toujours prudent et sage,

Au plus digne entre tous réservant son trésor,

Quand un charme pourrait l’arrêter au passage,

Il s’éloigne craintif et se dit : « Pas encor ! »

Pas encore ! et j’attends, car en un choix si tendre

Se tromper est amer et cause bien des pleurs.

Ah ! si mon âme allait, trop facile à s’éprendre,

À l’entour d’un mensonge épanouir ses fleurs !

Non, non ! Restons plutôt dans notre indifférence.

Sacrifice… en bien, soit ! tu seras consommé.

Après tout, si l’amour n’est qu’erreur et souffrance,

Un cœur peut être fier de n’avoir point aimé.