Réveil
Written 1871-01-01 - 1871-01-01
Ne me reproche pas ma démence d'une heure,
Mes vains paradoxes d'un jour ;
On se défend parfois de pleurer… et l'on pleure ;
On aime… et l'on maudit l'amour.
C'est de mon propre cœur que j'ai fait raillerie,
C'est moi que j'ai calomnié ;
Dans mon horreur du sang, j'ai nié la patrie…
J'adore ce que j'ai nié !
Le destin jusque-là souriait à nos armes ;
Je ne croyais pas aux revers ;
J'aurais cherché, pour fuir tant de maux et de larmes,
Un antre au bout de l'univers !
J'étais comme la cendre où gît une étincelle ;
Étranger devant nos succès,
Je m'endors Le glas sonne et la France chancelle.
Je me suis réveillé Français !