Réveil

By Jules Barbier

Written 1871-01-01 - 1871-01-01

Ne me reproche pas ma démence d'une heure,

Mes vains paradoxes d'un jour ;

On se défend parfois de pleurer… et l'on pleure ;

On aime… et l'on maudit l'amour.

C'est de mon propre cœur que j'ai fait raillerie,

C'est moi que j'ai calomnié ;

Dans mon horreur du sang, j'ai nié la patrie…

J'adore ce que j'ai nié !

Le destin jusque-là souriait à nos armes ;

Je ne croyais pas aux revers ;

J'aurais cherché, pour fuir tant de maux et de larmes,

Un antre au bout de l'univers !

J'étais comme la cendre où gît une étincelle ;

Étranger devant nos succès,

Je m'endors Le glas sonne et la France chancelle.

Je me suis réveillé Français !