Revue du conseil municipal

By Maurice Mac-Nab

Written 1891-01-01 - 1891-01-01

Tout à l’égout !

C’est une riche idée.

Tout à l’égout !

L’eau d’la Seine a trop d’goût.

Quand par malheur on en boit un’gorgée,

Ça vous laiss’comme un parfum d’machabée,

Tout à l’égout !

Tout à l’égout !

Pan, pan, qui nous appelle ?

Pan, pan, qui frappe en bas ?

Pan, pan, monsieur Poubelle !

Pan, pan, je n’ouvre pas !

La clef,

La clef,

On a chipé la clef,

La clef du souterrain,

On a peur d’un coup d’chien.

Si notre hôtel est pris,

La Garde de Paris

Passera par ce trou, trou, trou, la, la.

Trou, la, la,

Passera par ce trou-là !

Pan, pan, qui nous appelle ?

Pan, pan, qui frappe en bas ?

Pan, pan, monsieur Poubelle !

Pan, pan, je n’ouvre pas !

Vraiment de donner des fêtes

Nous sommes tous dégoûtés.

Paraît que nos invités

Ont voulu s’payer nos têtes.

Ils ont brisé, cassé tout,

Et fait des horreurs partout !

C’est pas pour leur fair’ des r’proches,

Mais, quand on les fait danser,

Ils pourraient bien s’dispenser

D’mett’ les couverts dans leurs poches.

Heureus’ment qu’ils sont volés :

C’était du métal anglais.

Pan, pan, qui nous appelle ?

Pan, pan, qui frappe en bas ?

Pan, pan, monsieur Poubelle !

Pan, pan, je n’ouvre pas !

Patriotes, ralliez-vous

Aux basques de ma redingote !

Les députés en sont jaloux,

Y en a pas un qui la dégote.

Elle a fait le tour des salons

En France, en Espagne, en Russie.

Elle me pend sur les talons :

C’est pour mieux sauver la patrie !

Pan, pan, qui nous appelle ?

Pan, pan, qui frappe en bas ?

Pan, pan, monsieur Poubelle !

Pan, pan, je n’ouvre pas !

Au clair de la lune

Messieurs du conseil,

Je n’ai pas de turne

Et crèv’ de sommeil !

Sur mon dos j’apporte

Ma malle et mon pieu…

Ouvrez-moi la porte

Pour l’amour de Dieu !

Pan, pan, qui nous appelle ?

Pan, pan, qui frappe en bas ?

Pan, pan, monsieur Poubelle !

Pan, pan, je n’ouvre pas !