Selon dieu

By Marceline Desbordes-Valmore

Written 1860-01-01 - 1860-01-01

Mère, un cheval est à la porte :

Il demande la charité.

— Vite, du foin, qu’on le lui porte ;

Il en sera réconforté.

Cheval, dis à Dieu, notre maître,

Qu’avec joie et sans te connaître,

Et nourris de sa charité,

Nous t’avons bien réconforté.

Mère, un ramier est à la porte :

Il demande la charité.

— J’ai là du bled, qu’on le lui porte ;

Il en sera réconforté.

Ramier, dis à Dieu, notre maître,

Qu’avec joie et sans te connaître,

Et nourris de sa charité,

Nous t’avons bien réconforté.

Mère, un enfant est à la porte :

Il demande la charité.

— Tout notre lait, qu’on le lui porte :

Il en sera réconforté.

Enfant, dis à Dieu, notre maître,

Qu’avec joie et sans te connaître,

Et nourris de sa charité,

Nous t’avons bien réconforté.

Mère, un vieillard est à la porte :

Il demande la charité.

— Du vin, du vin, qu’on le lui porte ;

Il en sera réconforté.

Vieillard, dis à Dieu, notre maître,

Qu’avec joie et sans te connaître,

Et nourris de sa charité,

Nous l’avons bien réconforté.

Mère, un coupable est à la porte :

Il demande la charité.

— Ce manteau blanc, qu’on le lui porte ;

Nous l’aurons réhabilité.

Ami, dis à Dieu, notre maître,

Qu’avec joie et sans te connaître,

Et brûlants de sa charité,

Nous t’avons réhabilité.