Seule en forêt
Written 1908-01-01 - 1908-01-01
Seule en forêt, sans yeux pour profaner les transes
Du mystère, je veux le plus beau des étés.
Je serai couronnée, à travers les essences,
De chèvrefeuille en fleurs et de cheveux nattés.
Je suis un petit faune ivre de sève verte.
Évohé ! Évohé ! Les chênes sont humains !
Pour découvrir en eux l’hamadryade offerte,
A tous j'écarterai l’écorce avec mes mains.
J’aime ! J’aime ! Et l’amour des êtres m’effarouche…
Mais, depuis tant de nuits que je t’ai dans le sang.
Nature ! reçois donc, dans ce cri de ma bouche.
Mon désir, mon respect, mon cœur d’adolescent !