Sextine x.
Written 1872-01-01 - 1872-01-01
Qui, dans ces tristes Jours, n'a rêvé d'une hutte,
N'a rêvé de s'enfuir quelque part au désert,
Loin de ces vils tracas oui la vie est en butte !
A quoi bon prolonger une stérile lutte ?
Les bois vont me donner le vivre et le couvert.
Et leurs voix m'entourer d'un bienfaisant concert.
Ou bien au bord des flots, bercé par leur concert,
Dans un creux de rochers j'attacherai ma hutte.
Battu des vents, du moins là je suis à couvert
Des souffles qui bientôt font de l'âme un désert.
Que la tempête arrive, et la foudre et la lutte,
Que l'ombre sous les deux, comme une énorme butte
Monte ; paisiblement du haut de quelque butte,
Cependant que mugit le sauvage concert.
Des fauves éléments Je contemple la lutte.
Dussé-Je en débris même y voir crouler ma hutte,
Qu'importe ! Les buissons, les antres du désert
A l'hôte familier suffiront pour couvert.
Puis, le beau ciel d'azur succède au ciel couvert.
Les grèves et les eaux, les gazons de la butte,
Tout brille. Un manteau d'or flotte sur le désert.
Et murmures, rayons, atomes de concert
Semblent me convier à relever la hutte.
Une immense caresse a remplacé la lutte.
Rien d'impur, de malsain ne survit à la lutte.
Pas de levain haineux, pas de poison couvert !
Ah ! lorsqu'un autre orage a fait rugir la hutte.
Le bouge, le taudis à tant de maux en butte,
Si des groupes humains reparaît le concert,
Ce n'est qu'à la surface et non comme au désert.
O mon âme, plus loin, plus haut que le désert
Ta jailliras ! Encor quelques instants de lutte,
Et dans l'éther sacré, l'infaillible concert,
Calme, tu planeras, pour jamais à couvert
Des sinistres dégoûts auxquels tu fus en butte.
Émanés des palais ou sourdant de la hutte.
La hutte solitude est partout ; le désert
Et la butte où gravir sont trouvés pour qui lutte
Couvert d'une foi ferme en l'éternel concert.