Somptuaire

By Fernand Fleuret

Written 1907-01-01 - 1907-01-01

— Mes livres, vous serez de petites armoires

Où, soigneux, je plierai mes robes de pensée

Afin d'en préserver les susceptibles moires

Et la couleur du temps où les aurai tissées.

— Si tout passe, la mode et ses Ostentatrices,

Le ver, sournoisement, prélibe le grimoire ;

Des papillons, tramant leurs petites pelisses.

Vont se poudrer de gris aux cendres de Mémoire…

— Qu'importe qu'après moi mes parures ne durent ?

Comme de mon vivant, qu'importe qu'on me voie ?

Quand ma grâce me plait, ma psyché la renvoie.

Gloire bornée aux quatre coins de sa bordure…

— Narcisse eut le baiser d'une eau vaine et trop pure,

Et ta robe est vouée aux froides renoncules…

— Si ma mort n'a l'honneur d'un sanglot majuscule,

L'épave, quelquefois, fait plaindre ceux qui furent.