Sonnerie

By Lucie Delarue-Mardrus

Written 1930-01-01 - 1930-01-01

Le soir vient, le ciel est en flamme,

La tempête hurle à la mort.

Entends-tu le cor, mon âme,

Entends-tu le cor ?

La chasse court les bois, la chasse ivre et terrible,

Au triple galop des chevaux,

Et, par les monts et par les vaux,

Monte et descend dans l'invisible.

Ventre à terre, le cerf, pour fuir avec le vent,

Couche les branches de sa tête,

Et le cor, qui s'en va rêvant,

Sonne le trépas de la bête.

La tempête hurle à la mort,

Le soir vient, le ciel est en flamme,

Entends-tu le cor, mon âme,

Entends-tu le cor ?

As-tu vu le cerf pâle et les chiens diaphanes

Et les chasseurs, rois transparents ?

As-tu vu galoper les mânes,

As-tu vu les spectres errants ?

La sonnerie au loin, de ses notes de cuivre,

A fait surgir le grand passé.

Puisque nous ne pouvons plus suivre,

Écoutons, écoutons passer !

Le soir vient, le ciel est en flamme,

La tempête hurle à la mort.

Entends-tu le cor, mon âme,

Entends-tu le cor ?