Sonnet romain

By Jean Richepin

Written 1877-01-01 - 1877-01-01

La belle Julia languissamment s'étale

Sur les gradins du cirque, assise au premier rang,

Sans voir l'œil inquiet du Samnite mourant

Dont la vie est pendue à son doigt de vestale.

La vierge songe bien à la clameur brutale

De la plèbe, au vaincu qu'un vain espoir reprend !

Elle songe, rêveuse et le cœur soupirant,

Au beau prêtre de la Vénus orientale,

Au Syrien frisé qui sait les chants d'amour

Et qui, le soir, marie aux sanglots du tambour

Sur un rhythme voilé sa voix chaude et lascive.

Et la vierge, qui sent tressaillir son sein nu,

Se ferait avec joie enterrer toute vive

Pour connaître par lui le mystère inconnu.