Sonnet

By Léonise Valois

Written 1910-01-01 - 1910-01-01

Je ne suis qu'une oiselle à l'envol téméraire,

J'ai connu les festins de soleil et de fleurs,

Et si je prends ma part du zéphir littéraire,

C'est qu'avec lui, je ris du sort, de ses rigueurs.

Vous ne savez donc pas qu'il nous faut satisfaire

Cette soif de divin qui dévore nos cœurs,

Ce besoin d'idéal, nous ne pouvons le taire,

Il vibre en notre voix, il éclate en nos pleurs !

De l'aigle, vous avez l'étonnante envergure,

Mais son œil qui saisit dans sa rapide allure

Ce qui rend les oiseaux fiers et forts, l'avez-vous ?

Ma plume est un duvet, la vôtre est une armure,

Si vous comprenez l'art de cette lyre pure

Qu'est la Muse des Vers, que n'êtes-vous… plus doux ?