Soupir printanier
Written 1910-01-01 - 1910-01-01
Hélas ! Les marronniers défleurissent déjà !
Ils ne traîneront plus, comme les paons leurs queues,
Des rameaux lourds de fleurs dans l'herbe humide et bleu
On voudrait un printemps qui jamais ne changeât…
— Hélas ! les marronniers défleurissent déjà.
Même dans le printemps, il y a de l'automne.
Jeunesse, tu mourras, vieillesse de l'enfant !
Nulle candeur, nulle fraîcheur ne se défend
D'obéir quelque jour à la loi monotone…
— Même dans le printemps, il y a de l'automne.
Naître, grandir, vieillir, mourir, comme ces fleurs
Qui, dans l'herbe de mai, tombent, déjà fanées ;
Nous, fillettes d'hier, devenir des aînées,
Quelle tristesse et quelle angoisse dans nos cœurs !
— Naître, grandir, vieillir, mourir, comme des fleurs.