Sur escobar
Written 1656-01-01 - 1696-01-01
C'est à bon droit que l'on condamne à Rome
L'évêque d'Ypre, auteur de vains débats ;
Ses sectateurs nous défendent en somme
Tous les plaisirs que l'on goûte ici-bas.
En paradis allant au petit pas,
On y parvient, quoique Arnauld nous en die
La volupté sans cause il a bannie.
Veut-on monter sur les célestes tours ;
Chemin pierreux est grande rêverie,
Escobar sait un chemin de velours.
Il ne dit pas qu'on peut tuer un homme
Qui, sans raison, nous tient en altercas,
Pour un fétu ou bien pour une pomme,
Mais qu'on le peut pour quatre ou cinq ducats.
Même il soutient qu'on peut, en certain cas,
Faire un serment plein de supercherie,
S'abandonner aux douceurs de la vie,
S'il est besoin, conserver ses amours.
Ne faut-il pas après que l'on s'écrie :
Escobar sait un chemin de velours ?
Au nom de Dieu, lisez-moi quelque somme
De ces écrits dont chez lui l'on fait cas ;
Qu'est-il besoin qu'à présent je les nomme ?
Il en est tant qu'on ne les connoît pas.
De leurs avis servez-vous pour compas ;
N'admettez qu'eux en votre librairie.
Brûlez Arnauld, quittez sa confrérie ;
Près de ceux-ci ce ne sont qu'esprits lourds.
Si m'en croyez, ce n'est point raillerie,
Escobar sait un chemin de velours.
Toi que l'orgueil poussa dans la voirie,
Qui tiens là-bas noire conciergerie,
Lucifer, chef des infernales cours,
Pour éviter les traits de ta furie,
ESCOBAR sait un chemin de velours.