Sur les Cimes

By Armand Renaud

Written 1860-01-01 - 1860-01-01

MA mosquée est une forêt

A l'impénétrable mystère ;

J'ai choisi pour mon minaret

Une montagne solitaire.

Qu'un muezzin à la cité

Chante l'heure où l'on se recueille.

Cet instant-là m'est mieux chanté

Par l'oiseau blotti sous la feuille.

Qu'on fouille livre et manuscrit

Pour tâcher d'éclaircir ses doutes,

Les preuves que cherche l'esprit,

La nature les donne toutes.

Chacun se déchausse au saint lieu.

Respect mesquin qui n'est qu'un leurre !

Le monde est ma maison de Dieu ;

C'est pourquoi, pieds nus, j'y demeure.

Pas de temples, pas de hangars

Étouffant le cœur sous des pierres !

Il faut le ciel à mes regards,

Quand je lève en haut mes paupières.

Des murailles sont de la nuit,

Et des coupoles sont des voiles.

Nombre de flambeaux y reluit.

Pour prier, j'ai mieux : les étoiles !